METAIS Marc-André

 

Né le 28 novembre 1966 à Paris.

Nationalité : Belge.

  

Formation :


1987-1990 : Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles : Ecole supérieure peinture monumentale. Création d’un mural à l’Auberge de Jeunesse Jacques Brel à Bruxelles sur le thème de Buxelles.


1987 : Académie des Beaux-Arts de Namur : CESS en Arts graphiques.

 

« Marc-André Metais est un artiste néo-expressionniste, le geste émotionnel se ressent à la fois dans la couleur (tendant ainsi vers l’abstrait) et dans le dessin (tendant ainsi vers le figuratif). Ceci le distingue très fortement des autres artistes car il maitrise le figuratif et l’abstrait. La forme ne devient plus qu’un prétexte pour transmettre des expressions fortes. Le travail de Marc-André parle au cœur et au ventre.


Sa démarche artistique se présente sous les traits d’une émotion vraie et intense. La technique se veut d’une très grande qualité dans la touche, le dessin, la composition, la couleur et la lumière. Nous pouvons parler de « geste juste ». Marc-André apporte aux différents sujets, connus par chacun d’entre nous, un regard neuf grâce au traitement à la fois sensoriel et expressionniste.


Les œuvres de Marc-André demandent à être regardées. Une œuvre doit inviter le public à s’arrêter et se laisser emporter par celle-ci selon lui.


Marc-André Metais est également un artiste international (Belgique, France, Grand-Duché de Luxembourg, Pays-Bas, Espagne), un artiste permanent en Espagne, en France et en Belgique.                                                    

 S. Fettweis (Historienne de l’Art) et Artrinet

 

 

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Marc-André Métais, Abstraite figuration (par Frédéric-Charles Baitinger, critique d’art)
 
« Sagesse des plantes : même quand elles sont à racines, il y a toujours un dehors où elles font rhizome avec quelque chose – avec le vent, avec un animal, avec l'homme. »
Gilles Deleuze & Felix Guattari Milles Plateaux

Une double tension parcourt toute l'oeuvre de Marc-André Métais. Entre la matière abstraite et la figure close, d'abord, se tient une dualité que l'on pourrait qualifier de synchronique (pour autant qu'on la retrouve par-delà toute périodisation). Entre la représentation humaine et celle de la nature, ensuite, s'étire un processus métamorphique que l'on pourrait qualifier, cette fois, de diachronique (pour autant qu'il informe l'évolution même des thèmes et du style de ses peintures). Véritable moteur à double hélices nourrissant chacune de ses oeuvres de son énergétique, c'est à lui qu'il faut s'en remettre pour comprendre ce qui non seulement unit et harmonise l'ensemble des oeuvres de Métais, mais peut-être, aussi, ce qui fait de sa dernière série de toiles intitulées Etat de nature, le véritable joyaux de sa création.

« Pendant très longtemps, j'ai eu besoin de la figure pour enfermer et contenir le désordre potentiel de l'abstraction. Mais, maintenant, ce que je voudrais, c'est pouvoir m'échapper de la figure ou, plutôt, m'échapper de l'anatomie, de la forme fermée, sans pour autant me retrouver en plein chaos. »

Au commencement, donc, était la figure. Et, plus encore, le visage peint en close-up. Que ce soient les visages des Dreamers, ou bien ceux qui figureront par la suite dans la série des Moments parfaits, c'est à la face humaine et à son mystère que s'est d'abord intéressé Métais. Cherchant à capter l'âme d'un être ou d'un moment, ses premières peintures saisissent au vol des expressions, des poses, des sentiments. S'inspirant tantôt de scènes de films, ou bien de souvenirs personnels, ces premières oeuvres explorent avec délicatesse et poésie, ce qu'il faudrait appeler des moments hors du temps, c'est-à-dire, des moments où l'être social s'efface pour laisser place à quelque chose de plus fluide, de plus émotionnel.

« Les moments parfaits représentent, pour moi, ces moments rares, intimes, où les êtres sortent d'eux-mêmes, s'oublient, pour devenir de purs gestes amoureux. L’intentionnalité s'efface pour ne plus laisser place qu'au ressenti. Certaines de ces images sont des allusions à ma propre vie, mais la plupart viennent de films, comme ceux de Terrence Malik ou de Wim Wenders. »

Toutefois, par-delà cet attrait pour la forme, s'exprime toujours aussi, à même les traits fixes de ces portraits, le désir sourd d'un ailleurs, d'un exit, d'une sortie. Et c'est sans doute pourquoi ces portraits, par moments, vacillent, et semblent parcourus de champs de forces, de tourbillons, qui les déshumanisent en faisant d'eux les fruits délicieux d'une succession d'accidents. Autrement dit, tout se passe toujours comme si le but que s'était donné Métais, dès le début de son oeuvre, n'avait jamais été de peindre des visages à l'identité stable mais, plutôt, de faire de cette identité fixe, le point de départ d'une exploration plus profonde.

« J'aime travailler en me servant du hasard, de l'accident. Quand quelque chose me perturbe dans ma création, je m'en sers pour rebondir. Pour aller là où spontanément je ne serais sans doute pas allé. L'utilisation du hasard me permet de rester en danger. D'obtenir des solutions qui sont des réactions face à un danger. »

Mais ce n'est que dans sa série intitulée Etat de nature, série développant (tout en le subvertissant) le thème des racines développé dans une série légèrement plus ancienne, que la quête de l'artiste trouve sa véritable résolution. En effet, alors que dans la série intitulée Racines, Métais s'était efforcé de représenter ce qui, dans l'être humain « fait racine » – idées, lieux, culture, fantasme – afin d'en exhiber le caractère lacunaire, morcelé, pour ne pas dire aberrant; il est parvenu, dans son ultime série, à faire de ces racines de véritables rhizomes capables de connecter entre eux, d'une manière fluide et quasi abstraite, des éléments qui sans cela seraient restés épars. Et, faisant cela, il a réussi à rendre visible ce qui donne au monde de la nature, qui ignore les coordonnées fixes de la figure, son authentique consistance.

« En commençant ma série Etat de Nature, je voulais m'échapper du corps et de son image fixe pour retrouver un certain « état de nature ». Ou plutôt, je voulais arriver à passer de l'un à l'autre sans que la transition soit trop brutale, ou trop artificielle. Et, à la vérité, je crois pouvoir dire qu'avec le temps j'y arrive de plus en plus. Je garde une attache visuelle au figuratif, mais je vais de plus en plus loin dans l'abstraction sans pour autant m'y perdre complètement. »
Frédéric-Charles Baitinger 

 

 


  

  


  


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